Vacances en France : A la conquête des Gorges du Verdon

Juin 2021, tout juste après cette drôle de période post-covid et ses confinements à répétition. À la base, l’idée c’était de passer la semaine à Chamonix, de prendre un bon bol d’air frais en montagne. Sauf qu’à quelques jours du départ, les prévisions météo annoncent une série d’orages bien costauds. Pas vraiment le décor rêvé pour randonner.

Alors avec Rémi, on a complètement revu nos plans. Exit Chamonix, cap au sud, là où le soleil semblait avoir élu domicile pour de bon. Ça s’est fait un peu à l’arrache, mais on s’est lancés. Et franchement, quel bon choix.

C’était la première fois que je mettais les pieds dans le Sud de la France, et j’ai été bluffée. Les paysages, l’ambiance, les assiettes aussi… On a quand même un sacré coin de paradis ici, et ça m’a vraiment fait réaliser qu’on n’a pas besoin de traverser la planète pour en prendre plein les yeux et bien manger. Ce road trip improvisé s’est transformé en une vraie belle surprise.

Jour 1

Ca y’est c’est le départ ! On s’est dit qu’on allait pas faire la route en une fois histoire de s’économiser un peu donc nous voilà en direction de notre première halte du voyage : Baume-les-Messieurs, considéré comme un des plus beaux villages de France. Dès l’arrivée, les hautes falaises couvertes de verdure nous enveloppent, et le bruit de l’eau guide nos pas jusqu’au fond de la vallée. 

En suivant le ruisseau, on découvre la Cascade des Tufs, alimentée par une rivière souterraine qui jaillit directement des grottes. Une halte incontournable nichée au creux d’une vallée jurassienne.

Non loin se situent les grottes de Baume. On ne les a pas visitées faute de temps, mais l’entrée est au bout d’une jolie promenade le long de la rue des Moulins. Les visites guidées commencent tôt et attirent du monde en été, donc mieux vaut s’y présenter en avance. 

Après cette parenthèse nature, on reprend la route vers Annecy. Une fois arrivés, on part explorer la vieille ville à pied. Elle est pleine de charme avec ses ruelles pavées, ses canaux, et ses façades colorées. On suit le canal du Thiou, en admirant les petits ponts et les écluses. Le passage devant les vieilles prisons, ou Palais de l’Isle, est un incontournable. Ce bâtiment emblématique posé au milieu de l’eau est sans doute le plus photographié d’Annecy. On s’installe juste en face, en terrasse au Munich, pour profiter du décor et manger un bout.

En fin de journée, on longe le lac jusqu’au Pont des Amours. La vue sur les montagnes et l’eau limpide est à couper le souffle. Le lieu porte bien son nom : c’est un coin paisible et romantique, parfait pour conclure cette belle journée.

Jour 2

De bon matin, on se lance dans une randonnée très connue : le Mont Veyrier et le Mont Baron, avec à la clé, une vue imprenable sur le lac d’Annecy. Le sentier est ponctué de points de vue magnifiques, et il faut compter environ 2h30 à 3h de marche. 

https://www.visorando.com/randonnee-le-mont-veyrier-et-le-mont-baron-depuis-/

N.B : Depuis l’été 2024, l’accès par la route forestière du Mont Baron n’est plus autorisé, donc on se gare côté Petit Port à Annecy-le-Vieux. Pour ceux sans voiture, un bus gratuit (ligne 20) circule entre Annecy et Veyrier-du-Lac tout l’été.

La météo est capricieuse aujourd’hui et tandis que nous sommes au bord des falaises, nous voyons un orage se former juste au-dessus de la ville d’Annecy. Heureusement, nous avons le temps de redescendre au parking avant que la pluie ne nous atteigne. Nous retournons ensuite en ville pour déguster une bonne bière artisanale du Mont Blanc pour nous récompenser de nos efforts. (C’est d’ailleurs devenue ma bière préférée depuis…) 

L’après-midi, toujours pluvieux, on se replie au sec pour visiter le château d’Annecy. Ancienne demeure des comtes de Genève, il abrite aujourd’hui un musée riche en expositions temporaires et collections régionales. Le bâtiment en lui-même domine la vieille ville et offre un joli point de vue. On peut facilement y passer une bonne heure à explorer les différentes salles. Lors de notre passage, on a eu la chance de découvrir une expo dédiée à Michel Ocelot, le créateur de Kirikou, une surprise vraiment chouette.

Pour finir la journée en douceur, on s’arrête dîner à la pizzeria Sapaudia. L’endroit est chaleureux et les pizzas sont délicieuses, parfait avant de regagner l’hôtel pour un repos bien mérité après cette journée bien remplie.

On avait prévu d’y aller pour admirer le coucher de soleil depuis le col de la Forclaz. Depuis Annecy, il faut environ 40 minutes de route, puis monter jusqu’à l’hôtel Edelweiss. Une petite marche mène ensuite au spot des parapentes, avec une vue magnifique sur le lac… quand le ciel est dégagé. Mais ce jour-là, la météo n’était pas de notre côté, on a dû renoncer.

On aurait aussi aimé tenter un baptême de parapente, survoler le lac et profiter de la vue depuis les airs… mais avec ce temps instable, on n’a même pas essayé de réserver. Ce sera pour une prochaine fois !

Jour 3

Le troisième jour, on quitte Annecy pour mettre le cap sur le Sud. Environ 5 heures de route plus tard, on arrive à Moustiers-Sainte-Marie, l’un des plus beaux villages de Provence, niché au pied des falaises. Dès qu’on a quitté l’autoroute, la route est devenue pittoresque et c’était bien plus sympa!

On s’installe à l’hôtel Le Colombier, puis on part se dégourdir les jambes autour du lac de Sainte-Croix. Ce lac artificiel, né en 1973 après la construction du barrage, est immense — le troisième plus grand de France — et d’un bleu saisissant. C’est vraiment très joli !

On dîne tranquillement à notre hôtel avant de reprendre la voiture pour monter au belvédère de Sainte-Croix. Le spot est idéal pour assister au coucher de soleil. La vue sur le lac baigné de lumière dorée est juste magique.

JOUR 4

Le quatrième jour débute par une des plus belles routes panoramiques de France : la mythique Route des Crêtes, au cœur des Gorges du Verdon. Pour bien en profiter, il faut absolument la parcourir dans le bon sens, car une partie de la route (la plus spectaculaire) est à sens unique. On commence donc depuis l’Auberge des Crêtes, et on suit la boucle dans le sens des aiguilles d’une montre, pour revenir ensuite à La Palud-sur-Verdon.

Depuis Moustiers Sainte Marie, on arrive par la D952, et un peu après La Palud, on bifurque sur la D23 qui forme la Route des Crêtes. C’est une boucle de 24 km jalonnée d’une quinzaine de belvédères, tous plus impressionnants les uns que les autres. À chaque arrêt, de petits parkings permettent de s’arrêter facilement. Même si certains points de vue sont proches les uns des autres, chacun offre un angle unique sur le canyon. Impossible de se lasser devant la verticalité des falaises et les couleurs du Verdon en contrebas.

Parmi les incontournables, ne manquez pas le belvédère de la Carelle, l’Escalès, la Dent d’Aire ou Guègues. Le vide sous vos pieds peut atteindre 700 mètres — sensations garanties ! En chemin, on croise aussi le Chalet de la Maline, point de départ du célèbre sentier Blanc-Martel. En levant les yeux, il n’est pas rare d’apercevoir des vautours en vol plané. Si vous êtes attentif, vous pourrez aussi voir des grimpeurs sur les parois ou même quelques chamois.

Le temps sur cette boucle est difficile à estimer : prévoyez entre 1h30 et 3h, selon vos arrêts, vos pauses photos et votre émerveillement. On a pris notre temps, savourant chaque point de vue, avant de revenir à La Palud pour une pause déjeuner bien méritée.

L’après-midi, on reprend la voiture pour rejoindre le Point Sublime, un autre spot impressionnant sur les Gorges. Juste à côté, un petit sentier permet d’avoir un aperçu encore plus intime du canyon et d’apercevoir le canal qui longe les gorges. 

Sur le chemin du retour, on prend la direction de Castellane, et en route, le décor change encore. On traverse des routes sinueuses, parfois très étroites jusqu’à apercevoir le Roc au Serre et la chapelle Notre-Dame du Roc, perchée au sommet. Une horde de moutons vient même interrompre notre trajet — une scène typique et inattendue qui ajoute au charme du voyage.

On termine cette journée riche en paysages et en émotions par un bon repas à l’hôtel, le cœur encore accroché aux falaises du Verdon.

Jour 5

Direction Baudinard-sur-Verdon pour une randonnée matinale.
Le départ se fait à proximité du lieu-dit Saint Jaume, où quelques places sont disponibles le long de la D71, juste à côté d’une citerne. Le sentier proposé suit en partie le canyon de Baudinard, un espace naturel moins fréquenté que les gorges du Verdon, avec quelques points de vue sur les falaises calcaires et les eaux turquoise du Verdon.

https://www.visorando.com/randonnee-gorges-de-baudinard-et-lac-de-montpezat/

On poursuit ensuite sur une large piste en descente à travers la forêt de la Basse Eouvière, en direction du lac de Montpezat. Le soleil tape fort, peu d’ombre, alors mieux vaut être bien équipé : eau, chapeau, crème solaire. Heureusement, le cadre change radicalement à l’approche du lac. Le contraste est saisissant. L’eau, avec ses teintes oscillant entre le bleu et le vert, s’étale dans un décor apaisant. C’est l’endroit parfait pour faire une pause et profiter du calme. Même si l’ambiance invite à la détente, on ne s’y attarde pas trop.

Sur le papier, le parcours est prometteur : environ 6 km, 200 m de dénivelé, une boucle assez facile à faire durant un peu plus de deux heures et demi. En réalité, le sentier manque un peu de diversité. La vue sur le canyon est là, mais souvent filtrée par la végétation, et les sections vraiment dégagées ne sont pas si nombreuses. Le sentier est agréable, sans plus — une balade correcte mais qui ne m’a laissé pas un souvenir marquant. 

On reprend ensuite la route vers Sillans-la-Cascade. Une petite marche de vingt minutes depuis le parking du village mène au belvédère aménagé d’où on peut admirer la cascade. Haute de 42 mètres, elle se jette dans un bassin bleu presque irréel, entourée d’une végétation dense qui renforce encore l’impression de havre caché. L’endroit est vraiment photogénique, mais est assez fréquenté.

Nous retournons ensuite à l’hôtel, avec un passage bien mérité au spa, puis un dîner dans un excellent restaurant que je vous conseille vivement : Les Tables Du Cloître. Nous avons terminé la journée en douceur avec un nouveau coucher de soleil sur le lac de Sainte-Croix.
Les couleurs, les reflets, le calme… un dernier instant suspendu.

Jour 6

La journée commence au bord du lac de Sainte-Croix, avec une sortie en canoë. C’était la première fois que j’en faisais, et franchement, j’ai adoré. L’eau est calme, le cadre impressionnant, et pagayer au milieu de ce décor donne une autre dimension à la découverte des gorges. Le contraste entre le bleu de l’eau et les parois rocheuses autour est vraiment marquant. Même après plusieurs jours dans le Verdon, c’est un décor qui continue de surprendre.

À la mi-journée, on s’arrête à Aiguines pour déjeuner sur la place centrale. L’ambiance est détendue, quelques tables à l’ombre, des plats typiques de la région, et une belle vue. Le village a beaucoup de charme, et après manger, on en profite pour faire un petit tour autour du château du village. 

L’après-midi, retour sur l’eau, cette fois en pédalo. C’est plus tranquille, parfait pour une sortie sans se presser. Rémi a repéré un petit îlot au milieu du lac et s’est mis en tête d’aller l’explorer. 

Vous trouverez de nombreux prestataires pour louer canoës, paddles, pédalos ou bateaux électriques tout autour du lac. Pas besoin de réserver à l’avance, mais mieux vaut arriver tôt, surtout en haute saison.

Jour 7

Dernier jour, retour vers le nord, mais impossible de quitter la région sans un détour par le plateau de Valensole. Il suffit de prendre la route depuis Moustiers-Sainte-Marie en direction du lac d’Esparron, et déjà, les premiers champs de lavande apparaissent au bord de la route.

On ne cherchait pas vraiment un spot précis, mais entre la D6 et la D8, il y a largement de quoi s’arrêter. Un vrai patchwork violet à perte de vue, avec en bonus, cette odeur qui flotte dans l’air dès qu’on descend de la voiture.

C’était la fin du séjour, un arrêt simple sur le trajet du retour, mais qui valait vraiment le coup. Un dernier moment calme, à observer ces champs parfaitement alignés sous le soleil, et à profiter encore un peu de l’ambiance si particulière de la région.

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